Le Monde et Nous

Partir à la découverte du monde qui nous entoure, comprendre quelques phénomènes de la nature, observer, se tenir informés des découvertes scientiques ...

28 octobre 2009

Le syndrome Titanic

Mue par l’intérêt que je porte aux questions environnementales, je suis allée visionner le documentaire de Nicolas Hulot et Jean-Albert Lièvre « Le syndrome Titanic », sorti en salle le 7 octobre dernier.

affichesyndrometitanic

Ma première impression est qu’il s’agit d’un film déroutant très noir, qui ne manque pas de provoquer un sentiment de malaise chez le spectateur, sentiment que je suppose voulu par les réalisateurs.

De quoi s’agit-il exactement ? Durant toute la durée du documentaire, des images flashs de quelques secondes, un tour du monde de situations inconcevables, noires, sur une musique un peu triste et la voix monocorde et désabusée de Nicolas Hulot ;

Ce qui marque les esprits de cette multitude d’images :

§  l’alternance des lumières et de la noirceur (les lumières surabondantes des paysages urbains, des trafics de voiture sur des serpentins de routes qui s’entrecroisent à l’infini avec un fourmillement de voitures (idem dans le ciel), la noirceur des bidonvilles et du quotidien de ceux qui ne vivent que des maigres ressources naturelles que les autres veulent bien leur laisser.

§  le rythme aussi de cet enchaînement d’images : dans les villes des pays riches, tout va très vite, s’accélère, s’enchaîne : les nuits illuminées, les gratte-ciels, la bombe atomique, les guerres…la vie des pays riches bourdonne à 100 à l’heure !

§  la surconsommation des pays riches et leurs conséquences : tout est à outrance, , les réseaux de télécommunications, la productivité à n’importe quel prix pour les industriels, les achats à outrance dans les centres commerciaux, le tourisme, la pub qui nous manipule. En face de ces images : les déchets d’une part (les déchets de tout : des parcs entiers d’avions, des ordinateurs qui s’entassent, les détritus) et le grand dénuement des autres (images de bidonvilles), ceux qui de l’autre coté de la planète n’ont même pas l’essentiel, qui vivent dans le plus grand dénuement, les uns sur les autres, et l’exemple de la vieille dame qui vit et dort dans sa voiture !

§  la surexploitation de notre planète, conséquence directe du mode de vie des plus riches, de la surconsommation, du gaspillage avec encore une fois des images et des mots bouleversants :

§  Les gros engins pour l’exploitation et le transport des matières premières, puisées au plus profond de la terre, toujours plus loin.

§  Les pylônes électriques, les puits de pétrole, les mines…

§  Les paquebots venues des deux parties du monde et qui se croisent, en transportant la même chose et en polluant

§  Les phrases choc de N. Hulot (NH « On ne consomme pas, on consume », « La nature succombe, elle est en charpie » « J’ai vu la planète se rétrécir sous mes yeux, je suis passé de la conviction insouciante de vivre dans un monde infini et immuable à la conscience d’un monde fini et vulnérable » «  J’ai peur pour mes enfants et pour tous les enfants du monde »

§  La conséquence de l’épuisement de la planète et de cette politique de surconsommation est la pollution qui engendre le réchauffement climatique…dont les plus démunis vont souffrir en premier, mais les autres aussi, plus tard !
La solution ? seule lueur d’espoir mais un espoir tout de même : le Soleil et l’énergie colossale qu’il dégage. NH « : mieux utiliser l’énergie du soleil qui en 2 minutes, offre plus d’énergie qu’on en utilise chaque année sur terre »

Ce documentaire malgré tout, distille quelques belles images…pas vraiment au sens « esthétique » de la chose (quoique la terre, notre « planète bleue » vue de l’espace est assez séduisante), mais dans le sens qu’il donne conscience du miracle qu’est la Vie. Car il faut un sacré concours de circonstances dans l’Univers pour qu’une planète rassemble les circonstances nécessaires et suffisantes pour que la Vie s’y développe. Sur Terre, c’est arrivé un jour, et depuis la Vie n’a cessé de se complexifier et de se diversifier… Là on nous montre des images évoquant l’infini de l’espace où nulle part encore, on n’a découvert trace de vie. Nous possédons un bien précieux (images de fœtus en cours de développement), un miracle et on n’en a pas conscience. NH « La vie ne tient qu’à un fil et on n’a de cesse de jouer avec un rasoir »

Ce n’est qu’à la fin du film qu’est évoqué clairement le nom du Titanic. Pourquoi le syndrome Titanic ? car on se dirige tout droit vers un iceberg, parce qu’il ne suffit pas de ralentir la cadence, c’est un changement radical dans nos habitudes, un virage à 90° si on veut éviter l’obstacle. Mais d’autres analogies avec l’aventure du paquebot :
- lors de la mise à l’eau du Titanic, un petit nombre avaient évoqué leurs doutes quant à l’insubmersibilité…ils n’avaient pas été écoutés !
- lorsque l’énorme iceberg a été vu par l’équipage, la prise du conscience du problème s’est opérée : il était déjà trop tard !   
- lorsque la catastrophe a commencé et que le bateau a pris l’eau, on a demandé à l’orchestre de jouer plus fort…

Alors j’ai lu quelques critiques sur ce film. Et quelques uns reprochent une vision un peu trop sombre, fermée sans lueur d’espoir, culpabilisante…donc à quoi bon faire des efforts s’il n’y a plus rien à faire ?
En fait, je ne crois pas qu’on cherche à nous faire culpabiliser …C’est plutôt la critique de notre modèle économique , social, politique…tout est lié …A l’échelle de chaque individu, on est parfois, souvent, coincé dans les convenances, les habitudes, les systèmes…
Il est vrai que le film est dense, dense en images, un peu rapides…on aurait aimé s’appesantir un peu plus longtemps sur certaines situations, pour mieux comprendre les enjeux, les détails…

J’ai pu constater également une certaine lassitude du public, des problèmes écologiques…on en parle trop, les gens se sentent agressés…certains médias ou personnes en parlent certainement par mode, pour faire comme tout le monde et parce que cela fait bien !
Néanmoins, je pense qu’il faut croire tous ces scientifiques et experts qui ont réalisés moult études sur le sujet…ils savent de quoi ils parlent. Pas nous…
Je rappellerai aussi l’exemple cité dans le livre « Home » de Yann Arthus-Bertrand…L’histoire de l’île de Pâques de l’Océan Pacifique. La civilisation a disparu brusquement …Selon un expert américain, J. Diamond, cette disparition est liée au fait que les habitants auraient coupé tous les arbres de l’île se privant ainsi d'une ressource naturelle non renouvelable entraînant l’érosion des terres, l’impossibilité de construire des bateaux
et enfin une dernière citation de Nicolas Hulot «
Nous assistons à une forme de déni, car l’évidence nous gêne »

En conclusion, je conseille d’aller voir le film car il faut prendre conscience …et ne pas laisser voir venir, les yeux grands ouverts mais aveugles.

Titanic
Source ICI

Quelques liens :

http://www.lesyndromedutitanic.com/

http://www.passerelleco.info/article.php?id_article=300

http://www.manicore.com/documentation/aeroport.html

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14 octobre 2009

De l’utilité du grand froid…

cristaux

Non, je ne vais pas vous parler des régions polaires, quoiqu’il y aurait beaucoup de choses à dire mais du froid industriel, celui qui est produit par l’homme et qui a de nombreuses applications dans de nombreux domaines (médical, biologique, alimentaire, industriel, agricole et même environnemental)

Petite histoire de température

Qu’est-ce que la température ? Qu’est-ce que la notion de chaud et de froid ? Prendre la température par simple toucher est il objectif ? Pourquoi ?

En réalité, il est assez difficile de définir la notion de température sans faire appel à la théorie moléculaire que nous donnerons un peu plus tard.

En effet, cette propriété est assez liée à la sensation de froid ou de chaud mais pour être vraiment précis, cela se complique. Lorsqu’on touche deux objets à même température mais de matériaux différents, selon qu’il est dense ou aéré, notre corps ne perçoit pas la même sensation : un matériau dense (tel que le métal par exemple) nous paraîtra toujours plus froid qu’un tissu (rempli d’air). La raison en est que le contact avec un matériau dense, produira un transfert de chaleur plus intense (car plus de contacts) entre notre main et l’objet plus froid.

Alors pour mesurer ou chiffrer la température, on doit faire appel à un phénomène physique qui accompagne une variation de température (soit la dilatation d’un liquide, la variation d’une résistance, l’émission d’un rayonnement).

Plusieurs échelles de températures existent, et celle qui nous est la plus familière est l’échelle Celsius qui repose sur deux repères à la pression atmosphérique normale : celui de la glace fondante qui repère le 0°C et celui de l’eau bouillante qui repère le 100°C.

Cependant, même si nous percevons bien cette échelle, celle-ci n’a aucune réalité  physique ! Ce qui est un peu embêtant tout de même !

Alors finalement, la réalité physique de la température c’est quoi ? Il faut pour comprendre passer à la description moléculaire de la matière : la température traduit l’énergie d’agitation des molécules d’un corps. Plus il est chaud, plus les molécules qui le constituent seront agitées.

Que se passe-t-il lorsqu’on diminue la température ? les molécules sont de moins en moins agitées, jusqu’à devenir complètement immobiles (ainsi que les atomes qui les constituent et les électrons présents dans les atomes), point où on atteint le zéro absolu. Une autre échelle de température prend ici tout son sens, c’est l’échelle Kelvin qui est la mesure du degré d’agitation des molécules. Le zéro Kelvin correspond au zéro absolu. Le lien avec l’échelle Celsius est un décalage de 273.15 degrés : 0K = -273,15 °C

Histoire de la cryogénie

Peut-on atteindre le zéro absolu ? et quels en seraient les applications ?
Vers les années 1860, est apparue une nouvelle science : la cryogénie. « Cryo »  vient du grec Kruos (« froid extrême »). La cryogénie est l’étude et la production du grand froid avec des températures de -150 à -270
°C ce qui signifie qu’on atteint pratiquement le zéro absolu. Avec des techniques très sophistiquées, on peut même descendre au 10-10 K. Cette descente vers les températures les plus basses a été rendue possible par les progrès de la science et de la technologie. De façon naturelle,la température la plus basse est celle du rayonnement cosmique dans lequel baigne l’univers (2.7 K)

Des températures jusqu’à -150°C sont rendues possibles par les techniques frigorifiques classiques : on fait circuler un fluide particulier, le fréon par exemple dans un circuit fermé, il subit un certain nombre de transformations dont une évaporation. Pour s’évaporer, c’est-à-dire briser des liaisons, il prend de la chaleur quelque part, il refroidit donc un autre corps au niveau de l’évaporateur placé dans la machine frigorifique.

Pour atteindre des températures cryogéniques, l’utilisation d’un fluide frigorigène tel que le fréon subissant un changement de phase n’est pas suffisante. On travaille généralement avec l’hélium liquide qui permet d’atteindre des températures de quelques K ou l’azote liquide ou encore l’hydrogène liquide (pour travailler entre 14 et 20 K).

Pourquoi est-ce important ? Parce qu’à ces températures extrêmement basses, et on le comprend aisément avec la définition du mouvement moléculaire, les propriétés des corps changent…de nouvelles propriétés étonnantes apparaissent, avec des applications extraordinaires.

La cryogénie alimentaire

L’une des grandes applications de la cryogénie est la conservation alimentaire. La différence essentielle avec la congélation classique est la vitesse de refroidissement, extrêmement rapide par traitement cryogénique. La principale conséquence est qu’au lieu de former de gros cristaux dendritiques de glace qui endommagent les cellules de l’aliment, il se forme une multitude de tous petits cristaux qui n’endommagent pas les cellules du produit. On parle de surgélation.

dendrite

Les supraconducteurs

A très très basse température, certains matériaux présentent la propriété de supraconductivité : c’est l’absence totale de résistance électrique et également la propriété de repousser un champ magnétique.

Pourquoi ces matériaux à basse température n’offrent ils pas de dissipation d’énergie au passage d’un courant électrique ? Parce que les liaisons moléculaires sont tellement ralenties que le passage des électrons n’est pas ralenti (pas de frottement). L’autre conséquence intéressante est qu’il n’y aura de dissipation d’énergie par effet Joule au passage du courant, donc pas d’échauffement… d’où un réduction importante de la taille des fils électriques s’il étaient dans un matériau supraconducteur.

On appelle température critique, la température sous laquelle apparaît la propriété  de supraconductivité. Le problème est que cette température critique de dans la gamme des températures cryogéniques ! d’où des applications plus que limitées dans la vie quotidienne.

Cette supraconductivité  permet de créer des électro-aimants puissants qui sous l’effet d’un courant électrique élevé ne subissent pas d’échauffement (application pour l’imagerie médicale et les accélérateurs de particules).

L'autre conséquence de la supraconductivité est qu'au voisinage d'un champ magnétique, il se crée des courants induits (qui ne sont anihilés par aucune résistance) ce qui provoque un champ magnétique opposé à celui de l'extérieur...il y a donc répulsion.

levitation

Lévitation magnétique grâce à la supraconductivité du matériau : Source

Superfluidité

Une autre propriété  un peu similaire de la supraconductivité est la superfluidité  qui concerne un fluide qui ne présente aucune viscosité : sans chocs entre molécules, pas de gêne entre molécules, l’écoulement est parfait.

Autres applications

En abaissant suffisamment la température, on parvient à fragiliser certaines liaisons et donc à faciliter leur broyage. Ceci est particulièrement intéressant dans le domaine industriel (économie d’ énergie pour le broyage) mais aussi alimentaire. Un broyage cryogénique (à -100°C) pour les céréales permet par exemple de réduire les partcueles à une taille inférieure à 50µm en une seule étape.

Pour en savoir plus

http://fr.wikipedia.org/wiki/Cryog%C3%A9nie

http://fr.wikipedia.org/wiki/Supraconductivit%C3%A9

http://science-for-everyone.over-blog.com/article-2301364.html

http://www.universalis.fr/encyclopedie/R171171/SUPERFLUIDITE.htm

Posté par pascale72 à 11:12 - Industrie et Techniques - Commentaires [1] - Permalien [#]