Le Monde et Nous

Partir à la découverte du monde qui nous entoure, comprendre quelques phénomènes de la nature, observer, se tenir informés des découvertes scientiques ...

17 novembre 2011

Allaitement : comportement inné ou acquis ?

Allaitement maternel : processus naturel spontané ou comportement acquis ? Connaître les facteurs impliqués dans le démarrage et la poursuite de l’allaitement maternel est important afin d’aider un maximum de mamans. Ce post s’inscrit en réponse à un article de Home Sweet Môme qui réfléchit aux raisons profondes qui orientent une mère dans son choix d’allaiter ou de « biberonner ». En effet, il est intéressant de savoir par exemple si le fait d’avoir dans son entourage une mère, une sœur ou amie ayant allaité influe sur le choix du mode de nourrissage. 
Invitée pour la 3e fois, à participer aux Vendredis Intellos de Mme Déjantée, j’ai souhaité rechercher les études  réalisées et publiées à travers le monde sur le sujet (l’idée de balayer une palette assez large de cultures est souhaitable). Comment et pourquoi une mère décide-t-elle d’allaiter ? Quels sont donc les facteurs influant sur la décision ?

Même si l’allaitement est un processus naturel puisque toutes les femmes sont capables d’allaiter, leur corps étant préparé pour cette fonction depuis leur naissance, la pratique de l’allaitement lui, semble bel et bien être un comportement à acquérir.

Comment en est-on arrivé à cette conclusion ? Bon nombre d’études consacrées à ce sujet, partent du constat que même si l’allaitement a prouvé ses avantages et ses bienfaits sur l’enfant et la mère, force est de constater qu’il est loin de faire l’unanimité   (notamment dans la poursuite au-delà des premières semaines) et ce malgré les recommandations des organisations sanitaires (allaitement exclusif pendant 6 mois, et mixte jusqu’aux 2 ans de l’enfant). Il faut donc bien que d’autres facteurs entrent en jeu et jouent sur la décision maternelle.

L’espèce humaine, cas particulier de la famille des mammifères ?

J. Wells [1] propose un très bel article sur la base d’une revue bibliographique détaillée et poussée ; il évoque tous les aspects biologiques, socioculturels de l’allaitement.  En particulier, il replace l’Homme (ndlr comprendre la Femme) dans la famille des mammifères et montre la variabilité du comportement entre les différentes espèces.

Ainsi sur l’échelle du « degré de maturité du nouveau né », le primate (que nous sommes) se trouve entre les mammifères nidicoles (type marsupiaux -avec poche ventrale) et le mammifère ongulé plutôt mature à la naissance (porcs, ruminants…).

Dans le cas de la 1ere sous-famille, le bébé en contact très rapproché avec sa mère, tète naturellement malgré sa faible maturité. Dans le cas de la 2e sous-famille, bébé est très mature, ce qui ne l’empêche pas de téter sa mère sans l’aide de celle-ci.
Dans le cas des primates, c’est un peu différent. Le petit n’est pas très mature (incapable de se tenir debout, de se nourrir seul) mais contrairement aux nidicoles, il a besoin d’être guidé par sa mère ; or elle aussi doit être aidée. Wells évoque un certain nombre d’observations de primates élevés en captivité. A leur primiparité, ils s’avèrent que les femelles n’allaitent pas, pratique qu’elles ne semblent pas connaître.  En groupe, à l’état sauvage, l’allaitement se produit pourtant ce qui suggère qu’un apprentissage de femelles « adolescentes » s’opère, leur permettant d’acquérir une expérience maternelle avant même leur 1er bébé. Le nourrissage des chimpanzés (notre proche parent) est également (d’après nombreuses observations) en général un phénomène acquis au sein du groupe (le mécanisme exact de l’apprentissage n’est pas encore bien connu) [2]

Toujours sur la base des résultats de nombreuses recherches, l’auteur montre que l’allaitement humain est conforme aux modèles observés chez les primates : il s’agit bien d’un processus biologique inné (les mères qui allaitent  ressentent des sensations et gestes spontanés) mais la mise en place et la poursuite s’adaptent aux conditions environnementales (que nous détaillerons ci-dessous) dans lequel le couple mère-enfant évolue.

En conclusion de cet article, l’auteur affirme que l’acte d’allaitement dans l’espèce humaine n’est pas un comportement instinctif : il nécessite des conseils, issus de l’expérience d’autres mamans, et/ou de générations précédentes.

 chimpanze

Maher [3] évoque également cette notion d’expérience partagée. Pour lui, la pratique répandue du biberon au 20e siècle aux Etats-Unis a considérablement réduit l’expérience collective de l’allaitement dont la population contemporaine ne peut pas bénéficier.

Pourquoi cette différence entre primates et les autres mammifères ? Un cerveau plus élaboré peut-être qui préfèrent la voie de l’apprentissage. C’est un autre sujet !

Impact de l’environnement maternel sur la pratique de l’allaitement

Influence des décisions prénatales

Savoir que le processus de démarrage et poursuite s’acquièrent avec l’expérience (personnelle ou extérieure) est essentiel, notamment pour les primipares. Une étude néerlandaise [4] datant de 2005 sur les réflexions prénatales de 89 mères a en effet révélé que les jeunes mamans pensaient que l’allaitement était un acte entièrement naturel et inné et qu’en conséquence, elles ne ressentaient pas le besoin de s’y préparer avant la naissance. Sans expérience extérieure, ni information préalable, l’allaitement même choisi est plus difficile.

En dehors des primipares, l’étude montre également que la décision d’allaiter prise bien avant la naissance, était fortement corrélée avec le comportement effectivement mis en place. D’autres études ailleurs (2005 et 2011) sur un plus grand nombre de femmes font écho à ce résultat [5] [6] [8).
K. Beermann dans une récente communication [6] annonce quelques chiffres. Notamment une étude australienne montre que 72% des mères allaitantes l’avaient décidé avant même la conception, 23% l’avaient décidé au premier trimestre de la grossesse et 5 % au cours du 2e ou 3e trimestre.

L’apport d’une « formation prénatale » soit dans une maternité ou dans le cadre de rencontres et d’échanges avec d’autres mères allaitantes est donc totalement justifié surtout pour les primipares sans référence extérieure. Cela contribue à anticiper les questions qui ne manqueront pas de se poser, de couper court aux croyances erronées fréquemment rencontrées et qui conduisent généralement à un échec de l’allaitement (cf. note de fin). Cela permet également de renforcer le sentiment de confiance en soi qui manque aux jeunes mamans. Sur ce dernier point, une étude très intéressante est évoquée dans le document [6]. Il s’agit d’une étude canadienne datant de 2006, regroupant 101 femmes réparties aléatoirement entre plusieurs groupes : certaines suivaient des ateliers de mises en situation permettant de stimuler la confiance en soi notamment sur les thèmes de l’efficacité de l’allaitement de chaque mère et de la capacité à produire suffisamment de lait. Les résultats ont montré 58% d’allaitement exclusif dans le groupe témoin contre 70 % dans le groupe d’intervention. De plus, dans le groupe d’intervention, un nombre plus élevé de mamans répondaient positivement à l’affirmation « je sais toujours si mon bébé a reçu suffisamment de lait « 

Influence des normes sociales et culturelles

africaine

Les femmes évoluent toutes dans toute une palette de conditions sociales et culturelles qui influencent leur choix.  Une mère va adapter son attitude en fonction de ce qui sera acceptable dans sa propre culture : si la pratique de l’allaitement long n’est pas ancrée dans sa culture, elle obtiendra peu de soutien de sa famille, de ses amis et sera donc confrontée à des messages contradictoires provenant de son entourage, d’organisations sanitaires et des média [9]. Pour celles qui résistent, elles seront même amenées à devoir « défendre » leur choix d’allaiter, face aux commentaires de leurs proches [7].  Dans ces conditions, la poursuite de l’allaitement relève d’un vrai tour de force.

Dans certaines sociétés, comme l’évoque C; Britton [7], pas si éloignées (Angleterre), des messages forts peuvent même être véhiculés par le gouvernement lui-même et les professionnels de santé : allaitement pour 6 mois « oui » après quoi, le sevrage est requis.

C. Britton [7] donne plusieurs exemples de l’influence directe ou indirecte des normes socioculturelles : croyances religieuses, habitudes culturelles au regard du corps (ornements, interprétation différentes des parties à cacher ou non), législation qui s’est développée aux Etats-Unis  pour promouvoir et encourager l’allaitement, l’obligation dans certaines sociétés de « discipliner » son corps (les femmes doivent éviter toute fuite de lait par exemple, ce qui serait considéré comme manquement grave à la bienséance), l’impact de la presse qui impose le corps idéal en termes de forme et de taille. L’auteur évoque aussi la forte association seins - sexe (Angleterre – Etats-Unis) et lorsque les femmes allaitent, elles peuvent être vues comme transgressant la limite ente maternité et sexualité.
Enfin, C. Britton évoque également les énormes campagnes de marketing visant à promouvoir le lait artificiel. L’OMS et l’UNICEF y voient une cause majeure du déclin de l’allaitement.

Allaiter en public peut également mettre un obstacle à l’allaitement : Là encore la norme culturelle joue un rôle. Par exemple beaucoup de femmes américaines trouvent difficile d’allaiter en public [7] et leur angoisse est parfois renforcée par les médias qui mettent de plus en plus ce sujet en lumière. A cela s’ajoute le fait, surtout pour les primipares, qu’elles considèrent que l’allaitement en public pourrait être perçu comme une démonstration publique de leur faculté à gérer leur rôle de mère et ont peur d’être jugées (on en revient à l’idée de confiance en soi évoquée plus haut)

Tout cela influe sur la décision maternelle d’allaiter ou non.

Influence du réseau familial et social  (autres femmes proches de la mère)
Comme évoqué précédemment, l’expérience des proches qui correspond à la norme culturelle est un tourbillon porteur pour orienter le choix. Mais qu’en est-il des femmes qui décident d’allaiter hors des habitudes culturelles ?

famille

Une étude écossaise [5] qui fait écho à beaucoup d’autres, montre que le point de vue du conjoint, de sa propre mère et des sages-femmes autour de la jeune maman était extrêmement important (d’un point de vue du démarrage mais aussi de la poursuite de l’allaitement) . Et ce d’autant plus pour les primipares qui sont moins confiantes et ont besoin d’être guidées par leur entourage.

La transmission intergénérationnelle a  été étudiée en 2007 au Brésil [10]. Parmi les ressources bibliographiques sur le sujet, les auteurs constatent des résultats un peu divers, certaines études montrant une corrélation forte [11], d’autres études ne montrant aucun lien. L’étude de 2007 menée sur 420 femmes ne montre pas vraiment d’influence sur le démarrage de l’allaitement (à cause d’un fort taux d’allaitement initial dans l’échantillon étudié). Par contre, il a été noté un effet significatif pour la durée de l’allaitement avec un sevrage plus précoce (- de 6 mois) chez les mères ayant été allaitées moins de 1 mois.

Une étude américaine réalisée sur 150 mères en Alabama (dont 93% d’origine Africaine) montre pour cette culture un assez faible taux  de démarrage de l’allaitement maternel (41% à la naissance, et 24% d’une durée d’au moins 1 mois) et reflète assez bien l’influence de l’expérience maternelle, familiale ou d’amies proches dans la décision d’allaiter.

Influence du statut de la mère (âge, travail, niveau d’études)

Une étude réalisée en Israël (1994) [12] sur la base d’un suivi sur 2 ans des naissances issues de 3 maternités différentes a montré une forte corrélation entre le niveau d’études de la mère et la durée de l’allaitement (et ce quelle que soit l’origine ethnique qui se trouve être fort hétérogène dans l’échantillon étudié).

L’âge de la mère est également un facteur influant. Les mères plus jeunes s’orientent moins facilement vers l’allaitement. Plusieurs études [12] [5], suggèrent une maturité et un sentiment de confiance en soi accrus avec l’âge.

Influence du soutien médical

Sur la base de ce qui a été évoqué ci-dessus, il apparaît clairement que le soutien et des informations fiables de la part du personnel médical (sages-femmes, puéricultrices, infirmières, pédiatres….) sont primordiaux. Quelques études le montrent effectivement [5], [6].

Par contre, au-delà du soutien du personnel médical, c’est le rôle du père qui est souvent perçu comme prépondérant [5]

Sage_femme

Influence du père

L’étude écossaise de 2005 [5] montre qu’autant pour les allaitantes que pour les non-allaitantes, le soutien du père dans leur choix est primordial.

L’auteur suggère en conséquence que les programmes d’information prénataux soient dispensés autant aux pères qu’aux mères et qu’il serait souhaitable d’élargir aux membres de l’entourage proche afin de faire sauter les barrières sociales !

Une étude spécifique brésilienne est consacrée au rôle du père [13]. 17 couples, jeunes parents d’un enfant âgé de 6 à 8 mois (quelle que soit son mode d’alimentation)  ont été sélectionnés. Une fois encore, on retrouve l’influence forte de la culture (ndlr : comment pourrait-il en être autrement ?) : l’implication du père dans le mode de nourrissage est telle que sa culture la lui a enseignée.

Influence des conditions physiques de la jeune parturiente (douleurs, accouchement, fatigue)
Les conditions de l’accouchement ont aussi un facteur infuant. Un accouchement par césarienne décourage généralement le démarrage de l’allaitement [12] ainsi qu’une naissance prématurée avec un bébé de petit poids [11].

Parmi les raisons fréquemment évoquées pour l’introduction précoce de lait artificiel, on trouve la fatigue, les seins douloureux ou un engorgement [6], [14] [8]. Il est généralement montré qu’une meilleure connaissance de l’allaitement (ndlr via programmes de préparation prénataux ou échanges d’expériences avec d’autres mamans) permet de régler ou du moins soulager ces problèmes (meilleur positionnement, écoute des signes de l’enfant, fréquences des tétées, politique de repos).

La prise de médication est également une des raisons du sevrage précoce [8] même s’il existe des guides pédiatriques affirment que peu de médicaments sont incompatibles avec l’allaitement.

 Note:
Parmi les croyances fausses, fortement ancrées, on retrouve l’idée que le colostrum est de mauvaise qualité, qu’une mère n’aura pas assez de lait, que d’autres nourritures ou liquides sont nécessaires au bébé de moins de 6 mois et que de l’eau est à apporter dans les pays chauds.

Conclusions :
L'allaitement est naturel oui dans la mesure où c'est un processus qui est prévu par notre corps. Mais l'ensemble des études parcourures montre que que si on veut le mener à bien, une expérience est à acquérir pour le démarrage et la poursuite (échanges entre mères, programmes de préparation pendant la grossesse...) et ce d'autant plus si le choix de la mère ne s'inscrit pas dans la norme culturelle dans laquelle elle évolue.

Merci donc, de faire connaître ce travail de synthèse vers toutes les jeunes mamans qui souhaitement réussir leur allaitement.

 Références utilisées :
[1] J. Wells, « The Role of Cultural Factors in Human Breasfeeding: Adaptive Behaviour or Biopower ? », Human Ecology Special Issue 14, p 39-47 (2006)
[2] H. Plotkin, « The imagined World made meal : Towards a Natural Science of Culture. Perguin Press, London (2002)

[3]- V. Maher, « Breast-feeding in cross-cultural perspective : Paradoxes and Proposals”, The Anthropology of Breast-feeding :  Natural Law or Social Construct” (1992)

 [4] B. Gijsbers, I. Mesters et al, “Factors Associated with the Initiation of Breastfeeding in Asthmatic Families : The Attitude-Social Influence Self-Efficacy Model”, Breastfeeding Medicine, Vol 1 (4), pp 236-246 (2006)

[5] V. Swanson, K.G. Power, “ Initiation and continuation of breastfeeding : theory of planned behavior” , Journal of Advanced Nursing, 50(3), pp 272-282 (2005)

[6] K. Beermann, « The Effectiveness of Prenatal Education on Breasfeeding Initiation and Continuation Rates », http://www.instituteofmidwifery.org, Avril 2011

[7] C. Britton, « Breasfeeding : a natural phenomenon or a cultural construct? » extrait de « The Social Context of Birth » Oxford : RadCliffe Pubishing,

[8] I. Ahluwalia, B. Morrow, J. Hsia, « Why do women Stop breastfeeding ? Findings from the Pregnancy Risk Assessment and Monitoring System », Pediatrics 116 (6), pp 1408-1412 (2005)

[9] IMCI Bulletin 7 – Breastfeeding – Pas d’auteur mentionné

[10] B. Horta et al. « Breastfeeding duration in two generations » , Rev. Saüde Publica, 41(1), (2007)

  [11], R.O. Meyerink, G.S. Marquis,  » Low-Income women in Alabama : the importance of personal and familial experiences in making infant-feeding choices », Journal of Human Lactation 18(1), pp 38-45 (2002)

 [12] P. Ever-Hadani, D. Seidman, et al., « Breast feeding in Israel :maternal factors associated with choice and duration », Journal of Epidemiology and Community Helath, 48, pp 281-285, (1994)

[13] C. Pontes, A.C. Alexandrinoo, M. Osorio, « The participation of fathers in the breastfeeding process : experience, knowledge, behaviors and emotions », Journal of Pediatra, 84 (4), (2008)

 [14] K. Lawson, M.I. Tullock, « Breastfeeding duration : prenatal intentions and postnatal practices », Journal of Advanced Nursing, 22, pp 841-849, (1995)

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13 novembre 2011

Un éclat Eternel !

Que va devenir notre corps après la mort ? Un tas de poussières ou de cendres rien d'autre...oui mais... Savez vous qu'une société néerlandaire propose de transformer les cendres issues de la crémation en pierre précieuse, en non des moindres, en diamant ! De quoi briller de mille feux, de façon éternelle et de défier le temps. Certains sont tentés par l'expérience (en France il semblerait que ce ne soit pas encore autorisé).

Avant s'intéresser au procédé, revenons sur ce qu'est le diamant.

Le diamant naturel
A l'évocation de ce mot, deux propriétés nous viennent à l'esprit : la brillance et la dureté. Alors pourquoi ?
D'un point de chimique, le diamant n'est autre que du carbone pur, à l'exception de quelques inclusions d'autres éléments chimiques près qui d'ailleurs en disent long sur les circonstances de sa génèse.

 

diamantSource ICI


Le carbone est un élément chimique qui compose la plupart des êtres vivants. Un des éléments les plus abondants sur terre, et présent depuis sa formation. Il possède 6 électrons, dont 4 sur la couche externe, dite de Valence, c'est à dire la couche qui va chercher à associer ses électrons avec ceux d'autres atomes, afin de la saturer : cette mise en commun de doublets d'electrons entre deux atomes s'appelle une liaison chimique (dite covalente, et de nature "très forte").
Dans le cas du carbone, il y a donc possibilité de 4 liaisons covalentes pour assurer la stabilité de l'élément. Le carbone s'associe avec un grand nombre d'atomes, dont en grande majorité l'oxygène (la molécule de CO2), l'hydrogène (ex:  famille des hydrocarbures) mais aussi l'azote ou le soufre ... par le biais de 4 liaisons simples (cas des alcanes, sous-famille des hydrocarbures), ou de deux liaisons doubles (cas du CO2), de liaisons triples ou d'un mélange de tout cela pour des structures plus complexes.

Lorsque les atomes de carbone s'associent uniquement entre eux, on parle de graphite (notre mine de crayon de bois) ou de diamant (en fait il y a encoe d'autres composés dont nous ne parlerons pas ici). Ce sont toutes les deux des structures cristallisées (c'est à dire que les atomes s'organisent dans l'espace en une structure parfaitement ordonnée sous l'effet d'équilibre entre les forces électriques) au contraire de la structure amorphe (pas organisée du tout).
Selon la façon dont les atomes s'organisent dans l'espace pour assurer la saturation de leur couche électronique de périphérie, on va obtenir soit le graphite (de structure hexagonale) soit le diamant (de structure cubique). De cette structure vont découler les propriétés radicalement opposées des deux matériaux. Explications...

Graphite
POur le graphite, chaque atome de carbone s'entoure de 3 voisins (se plaçant au sommet d'un triangle) avec qui il forme des liaisons covalentes donc "fortes" : tout cela s'organise dans un espace plan, sous forme d'une structure hexagonale. Cet espace plan se nomme "feuillet". Donc si on fait le compte, on n'a que 3 electrons sur les 4 qui ont trouvé un compagnon dans le cadre de liaisons fortes. Pour le 4e, et bien il s'agit d'un electron qui n'est attaché à aucun atome bien particulier et qui est libre de circuler entre plusieurs atomes (on appelle cela un électron délocalisé).

POur l'instant, on n'a décrit qu'un feuillet, c'est-à-dire un plan. Le graphite est en fait une superposition de ces feuillets, et les forces qui les relient les uns avec les autres sont des forces d'attraction dites de Van der Waals qui ne sont pas des liaisons chimiques mais des liaisons faibles (dues à l'attraction électrostique entre un atome et un autre d'un feuillet parallèle). La distance entre atomes d'une même couche est de 0.142 nm et celle qui sépare les couches est de 0.335 nm.

GraphiteWiki

Source ICI

Cette struture explique les propriétés du graphite :

1- Matériau conducteur de l'électricité : à cause de la présence d'électrons délocalisés qui peuvent voyager facilement.

2- Propriétés anisotropes, c'est-à-dire différentes selon la direction. Ex: le graphite est conducteur dans le plan des feuillets; mais 200 fois moins bon conducteur dans la direction perpendiculaire aux feuillets (les électrons ne sautent pas d'un feuillet à l'autre).

3- Matériau très friable : ceci s'explique par les liaisons de faible intensité qui relient les feuillets et qui se cassent facilement.

4- Sa couleur foncée. C'est encore une fois la structure cristalline qui va dicter la façon dont la lumière va se comporter au sein d'un objet. Soit elle s'y refléchit, s'y refracte ou est absorbée. Le graphite est noir à cause de la grande délocalisation des électrons dans le réseau qui fait que la lumière y est absorbée.

NB: Notons qu'un simple feuillet de graphite porte le nom de graphène, un matériau dont nous reparlerons.

Le diamant
Dans le diamant, chaque atome de carbone est fortement lié à (non plus 3 mais) 4 atomes voisins situés au sommet d'un tétraèdre (prisme triangulaire). On a la formation d'une structure cubique avec une distance entre atomes de 0.142 nm. Cela confère à l'ensemble une structure tridimensionnelle dont la cohésion est assurée par uniquement des liaisons covalentes (donc fortes).

Ce réseau 3 D de liaisons covalentes (comprenant un plus grand nombre d'atomes de carbones par unité de volume que dans le graphite), explique donc la très grande dureté de celui-ci et sa température de fusion élevée (beaucoup de liaisons fortes à casser).

L'absence d'électrons délocalisés, explique sa propriété d'isolant électrique.

Enfin, cette structure cubique  permet une importante réfraction de la lumière et la lumière part dans toutes les directions, c'est ce qui fait la brillance et l'éclat du diamant.

graphitediam

Source ICI


Conditions de formations pour les deux structures
:
On s'en doute, ce sont les paramètres température et pression qui conditionnent la structure cristallographique adoptée par les atomes de carbone.

Afin de former ce réseau 3D si dense pour le diamant, de très hautes pressions (entre 4 et 6 GPa - soit 40000 fois la pression atmosphérique) et hautes températures (vers 3000°C) sont requises. Du temps aussi, car la cristallisation est lente ce qui joue sur la taille des cristaux. Ces conditions de température et pression sont réunies à de grandes profondeurs dans le manteau terrestre (200 km environ). Le diamant s'est formé à partir du carbone présent dans le manteau (issus de carbonates)  depuis la formation de la terre ou du carbone organique (végétaux) enfoui très profondément par le jeu des mouvements des plaques tectoniques.

LE diamant contient bien sûr des impuretés dont l'azote (une classification des diamants repose sur la teneur en impuretés)

Le graphite naturel lui se forme à des pressions basses et des températures moyennes (autour de1500 °C). Le graphite se trouve dans des roches métamorphiques, et est issu du de la transformation de composés carbonés sédimentaires.

POur synthétiser le diamant, le premier procédé (et aussi le plus connu) part du graphite et reconstitue les conditions présentes au niveau du manteau terrestre. C'est un procédé couteux nécessitant de fortes températures et pressions car il faut casser la structure du graphite et rapprocher les atomes (feuillets plus écartés que les distances interatomiques dans le diamant). Notons que d'autres conditions importantes sont aussi à réunir pour obtenir la transformation.

Le diamant à partir de cendres de défunt :

La crémation d'un corps se fait à une température de 850°C avec apport d'oxygène pour favoriser la combustion. Les cendres ne sont bien sûr pas transformables telle quelles. Il faut dans un premier temps extraire le carbone (car une combustion n'est jamais 100% efficace). Celui-ci est dans une première étape transformé en graphite puis en diamant par le procédé haute pression, haute température.

Voilà de quoi finir, de façon éternelle !

Pour en savoir plus :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Graphite
http://fr.wikipedia.org/wiki/Diamant
http://fr.wikipedia.org/wiki/Carbone
http://en.wikipedia.org/wiki/LifeGem
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cr%C3%A9mation
http://www.lenntech.fr/francais/data-perio/taux-elements-corps-humain.htm

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29 septembre 2011

Allaitement, combien de temps ?

Dans de nombreuses parties du monde, la durée d’allaitement des petits d’hommes est longue, et se compte plus souvent en années plutôt qu’en mois. Dans nos cultures occidentales, cela surprend et suscite des réactions assez variées. En effet, lorsque la durée de l’allaitement est longue (au-delà de 9 mois), il n’est pas rare d’entendre quelques réflexions au sujet de l’équilibre psychologique de l’enfant grandissant et de l’adulte qu’il deviendra. Cet allaitement long, et cette relation fusionnelle avec les seins de sa mère ne vont ils pas perturber d’une façon ou d’une autre le développement psychologique voire la sexualité de l’enfant ?

Dans nos cultures, la tendance naturelle est de penser qu’un enfant allaité longtemps sera nécessairement très dépendant de sa mère et qu’il ne sera certainement pas capable d’être sevré autrement que par une action coercitive.

breasfeedinglove

Qu’en est-il des études sur le sujet ? y a-t-il eu des essais, des suivis, afin de comparer le comportement et le développement cognitif, psycho émotionnel d’enfants ayant été allaités avec ceux d’enfants non–allaités ?

Certaines études ont montré depuis longtemps  [1]

-        que l’allaitement ne vient pas seulement en réponse à une demande de nourriture mais aussi comme moyen de soulager l’enfant en cas d’inconfort (stress, peur…)

-        par voie de conséquence, un enfant allaité, grandit dans une atmosphère de tendresse, d’amour, de confort et de protection qui lui permet de développer le sentiment très fort de sécurité face au monde qui l’entoure : il aura donc tendance à expérimenter rapidement de nouveaux gestes, et à gagner en indépendance dans la mesure où il sait que sa mère est là en cas de besoin.

Plusieurs études [2][3] [4] ont montré une corrélation forte entre allaitement et développement cognitif et psychosocial chez l’enfant. Un meilleur développement mental (sur la base de l’évaluation du QI d’enfants d’âges variant entre 6 mois et 15 ans) est corrélé à la durée de l’allaitement. L’impact a été noté à partir de 23 mois. Notons que ces études ont tenu compte des paramètres environnementaux (en particulier l’éducation de la mère) afin d’isoler le facteur « allaitement ».

Selon les auteurs, trois mécanismes expliquent cette influence. Des composants même du lait maternel sont impliqués : de longues chaînes d’acide gras polyinsaturés présents  naturellement dans le lait maternel. Ces éléments sont cruciaux pour le développement neurologique et n’entrent pas dans la composition du lait artificiel.

Mais les bénéfices pour le développement émotionnel et psychosocial s’expliquent également par le comportement de maternage qui accompagne l’allaitement et qui induit une interaction mère-enfant plus forte, bénéfique au développement cognitif et psychosocial.

Enfin, l’allaitement est fortement susceptible de limiter les problèmes d’obésité de l’enfant et de l’adolescence (régulation de la satiété dès la petite enfance). Or l’obésité pendant la petite enfance remet fortement en cause le sentiment d’estime de soi et  le développement psychosocial de façon générale.

D’autres approches sont également intéressantes puisqu’elles reposent sur l’étude des comportements de cultures tribales, de pratiques différentes. Prescott [5] [7] a réalisé de nombreuses recherches en ethno-pédiatrie, en particulier des croisements de données sur plus d’une vingtaine d’ethnies dont la durée d’allaitement des enfants était de l’ordre de 2 ans à minima. Il apparaît de façon nette qu’une majorité de ces populations ont des taux particulièrement bas voire nul de suicides.

Ce résultat qui trouve écho dans d’autres études [6], s’explique également par un double mécanisme :

- un maternage plus prononcé lors de l’acte d’allaitement

-  la présence de certains acides aminés, primordiaux pour le développement de la sérotonine dans le cerveau. (Il a été démontré que la dépression, le suicide, la violence sont associés à un déficit en sérotonine).

Ainsi, le comportement mère-enfant pendant la première année de vie, et un allaitement prolongé (autour de 2 ans) sont, sur la base des résultats de ces études, des moyens efficaces permettant de réduire la mortalité infantile, le suicide et la violence à l’adolescence et à l’âge adulte en assurant un développement émotionnel, social et sexuel optimal [7].

En conclusion, différentes études prouvent le bien fondé d’un allaitement long sur l’équilibre de l’enfant et de l’adulte qu’il deviendra : la relation avec la mère et le contenu même du lait agissent selon différents mécanismes dans la construction du cerveau, notamment dans les processus liés au plaisir et aux relations aux autres.

Je remercie le blog "Les Vendredis Intellos de Mme Déjantée " de m'avoir invitée à réfléchir et à fouiller ce sujet.

Pour en savoir plus :

 [1] Newton NR. “The relationship between infant feeding experience and later behavior » Journal of Pediatrics, 1951; 38 (1) : 28-40

[2] Pérez-Escamilla R., “Influence of breasfeeding on psychosocial development” Encyclopedia on Early Childhood development, 2005- http://www.child-encyclopedia.com/documents/MarquisANGxp.pdf

[3] Anderson, JW., et al., “Breastfeeding and cognitive development a meta-analyysis” 1990, American Journal of Clinical Nutrition, 1990; 70 (4) : 525-535

[4] O’Connor DL., et al., “Growth and Development In preterm infants fed long-chain polyunsaturated fatty acids : a prospective, randomized controlled trial”, Pediatrics, 2001 ; 108 : 359-371

[5] Prescott, J.W., “Breastfeeding : Brain Nutrients in Brain Development for Human Love and Peace”, 1997 ; http://www.violence.de/prescott/ttf/article.html

 [6] Lanting, D.I., et al., “Neurological differences between 9-year old children fed breast-milk of formula-milk as babies”, Lancet, 1994 ; Nov : 1319-1322

[7] Prescott, J.W., “The Origins of Love”, Byronchild Magazine, 2004 ; Vol 9

 

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01 septembre 2011

Allaitement maternel : nourrir les bébés, oui mais encore ?

Sur ce blog même, il y a quelques temps déjà, une série d’articles consacrés à l’allaitement maternel a démarré (voir ICI et LA).

Comme nous l’avons présenté dans le volet précédent, le lait maternel est l’aliment le mieux adapté à la capacité d’assimilation du petit d’homme et ce, dès sa naissance. Mais ses avantages ne s’arrêtent pas là car de nombreuses études viennent chaque jour, apporter de nouveaux éléments sur ses nombreuses qualités. En effet, le lait maternel n’est pas qu’une nourriture, c’est également une source de réconfort qui procure un effet apaisant en cas de douleur (en particulier liée à une vaccination ou à une ponction veineuse). Cet effet a pu être mesuré quantitativement via quelques études.

Aujourd’hui, nous nous proposons de présenter les résultats de plusieurs d’entre elles datant de 2004, 2009 et 2010. Ce billet s’inscrit dans le cadre d’une participation aux rendez-vous hebdomadaires des Vendredis Intellos, blog collectif qui nous propose des sujets de réflexion sur le thème de la maternité, la petite enfance, l'éducation...j’y ai été invitée afin d’apporter quelques éclaircissements face aux interrogations de la prise en charge de la douleur via l’allaitement (ICI)

bbdouleur
Source ICI

L’étude de 2004 [1], a mis en jeu 81 nouveaux nés de New-Dehli (âgés au maximum de 4 semaines) devant subir une ponction veineuse en vue d’une analyse sanguine. Parmi ces bébés, 50 % ont reçu 5 ml de lait maternel exprimé (quelques minutes avant la piqûre) tandis que le reste du groupe n’a reçu qu’un placébo. L’expérience s’est faite en double aveugle. Il s’est avéré que la durée moyenne des pleurs était significativement plus faible dans le premier groupe que dans celui ayant reçu un placébo (valeurs médianes respectivement de 38 s et 90 s).

Des différences significatives ont également été notées au niveau du rythme cardiaque et de la saturation en oxygène des enfants : paramètres qui d’une part ont été beaucoup moins modifiés lors de l’intervention et d’autre part sont revenus plus rapidement à leur niveau initial.

 L’étude de 2009 [2] a été réalisée sur deux maternités (ou cendres de soins de la petite enfance) à Philadelphie. Deux groupes de 60 enfants ont été vaccinés et leur comportement et réactions  lors de l’injection ont été observés. Les enfants du 1er groupe sont restés en contact « peau à peau » avec leur mère et étaient allaités pendant la vaccination. Les conditions de vaccination pour le second groupe correspondaient au protocole classique en place dans la maternité ou le centre de soins (donc sans allaitement et sans contact proche). Les conclusions  de l’étude ont révélé que la durée des pleurs ainsi que le rythme cardiaque étaient significativement plus faibles (pendant l’injection et juste après) dans le groupe d’étude que dans le groupe témoin.

Dans cette seconde étude, le type de pleurs a également été étudié comme indicateur de la douleur (distinction entre « pleur de cri », « pleur isolé » et « pleur de fin »). Il s’est avéré que le temps passé en « pleur de cri » (associé au maximum d’intensité de la douleur) était de 17% en moyenne pour les enfants du groupe d’étude contre 65% dans le groupe témoin. Les auteurs concluent sur le rôle analgésique de l’allaitement en peau à peau.

vaccin
Source ICI

 L’étude parue en 2010 [3] dans le Journal « Pediatrics » montre  l’impact de l’allaitement sur le risque de fièvre post-vaccination, un des effets indésirables les plus fréquents induits par la vaccination. L’étude a porté sur l’observation de 450 enfants, tous en bonne santé et n’ayant pas présenté de fièvre pendant la semaine précédent la vaccination. La fièvre a été définie comme une température supérieure à 38 °C. Le bilan de cette observation est que 53% des enfants non allaités ont présenté une fièvre dans les 3 jours, contre 25% des enfants exclusivement allaités. Les auteurs expliquent ce résultat par des facteurs anti-inflammatoires présents dans le lait maternel.

Pourquoi les résultats de ces études sur l’impact de l’allaitement sur la douleur et l’inconfort du nourrisson sont elles importantes? Parce que la réduction de la douleur dans les pratiques des soins  infirmiers reste une priorité, notamment chez le tout-petit et que des études ont montré que nombre d’enfants gardaient en mémoire tout acte douloureux et stressant ce qui conditionnait leurs réactions lors d’interventions futures. De plus, il est facile et pratique de favoriser cette interaction mère enfant (contact et allaitement) pendant des soins infirmiers afin de réduire douleur et stress.

En conclusion, les chiffres présentés par le biais de ces 3 études parlent d’eux-mêmes : le lait maternel procure bel et bien un effet apaisant en cas de douleur de l’enfant. Néanmoins, les auteurs reconnaissent que peu de choses sont connues sur les mécanismes mis en jeu. Attendons patiemment de nouvelles études qui ne tarderont pas à arriver. Comptez sur moi pour être vigilante.

Pour en savoir plus

[1] Upadhyay A. et al., Acta Paediatr., 2004, April, 93(4), « Analgesic effect of expressed breast milk in procedural pain in term neonates : a randomized, placebo-controlled, double-blind trial

 [2] Razek A A., El-Dein, N., International Journal of Nursing Practice, 2009; 15, “ Effect of breast-feeding on pain relief during infant immunization injections”

 [3] Pisacane A., Continisio P., Palma O., et al., Pediatrics, 2010 ; 125 (6), « Breastfeeding and risk for fever after immunization »

 LEs dossiers de l'allaitement, revue de LLL France pour les professionnels de santé, N°87 Avril Mai Juin 2011

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01 avril 2011

Quelques éclaircissements sur le nucléaire…

Au lendemain de ce terrible accident nucléaire au Japon, voire catastrophe, l’issue n’étant toujours pas au rendez-vous, il m’a semblé important de publier un post, très vulgarisateur sur le nucléaire. Le but : rendre compréhensible le vocabulaire souvent entendu ces jours-ci avec des mots comme fission, REP, REB, EPR, MOX, radioactif,  mettre un peu de lumière sur ce dossier, on ne peut plus « chaud », pour que tout à chacun puisse aborder et trier les différentes informations qui nous parviennent (via communiqués de  journalistes ou des sites de vrais experts français tels que les instances gouvernementales comme l’ASN ou l’IRSN).

 

Pour commencer très simplement et par le début, comment fait-on de l’électricité ?
Pour produire de l’électricité, il faut partir d’une génératrice c’est-dire d’un appareil qui transforme de l’énergie mécanique (de l’énergie contenue dans un mouvement) en énergie électrique. C’est le rôle de l’alternateur qui est constitué d’un rotor et d’un stator. Le rotor, une partie tournante (car associé au mouvement) est un aimant ou un électro-aimant. Le stator, lui est constitué d’un enroulement c’est-à-dire d’un circuit dans lequel va apparaître le courant électrique. Ce phénomène se produit selon le principe de Faraday : lorsqu’un aimant se déplace près d’un circuit électrique, apparait dans ce dernier un courant. Rappelons-nous la dynamo du vélo, le courant est généré par la roue qui tourne.

 AimantBobine

 

Principe des centrales électriques.

Bref, pour produire de l’électricité à grande échelle, il nous faut créer le mouvement de rotation, comme pour la dynamo de votre vélo et ce, de façon continue. Dans bon nombre de machines productrices de courant, ce mouvement est créé par une turbine, un élément qui ressemble à une roue de moulin avec des aubes (de profil bien étudié pour minimiser les pertes) et dont la rotation est générée par un fluide qui possède suffisamment d’énergie pour « pousser » les aubes.

Le fluide en question, dans des centrales thermiques ou nucléaires, c’est en majeure partie de la vapeur d’eau à haute pression, haute température, donc à forte énergie (on parle d’enthalpie de la vapeur).

Cette vapeur à forte enthalpie, il faut la produire, et c’est bien là le cœur du procédé. On part donc d’eau liquide (ultra pure pour éviter des contraintes de dépôt dans la chaudière), qui va être pompée puis chauffée en différentes étapes, pour atteindre les bons paramètres de pression et température à l’entrée de la turbine.

Pour cela, il n’y a pas 36 solutions : il faut la mettre en contact avec une source de chaleur et en utilisant des échangeurs de chaleur disposés soit dans une chaudière soit dans un réacteur.

1ere option : les échangeurs de chaleur sont disposés dans une grande chaudière : l’eau qui circule dans les tubes des échangeurs récupère la chaleur dégagée par la combustion d’un combustible (charbon, gaz, pétrole, biomasse). C’est le principe des centrales thermiques à combustible fossile ou encore des cycles combinés gaz.

2e option : l’échangeur est disposé dans un grand réacteur : l’eau qui circule dans les tubes de l’échangeur récupère la chaleur dégagée par une réaction nucléaire. C’est le principe des centrales nucléaires.

 

 

La filière nucléaire 

Pour présenter le nucléaire, il faut d’abord parler de l’atome. La matière, comme l’avait pressenti Démocrite il y a déjà 25 siècles, est constituée d’atomes, c’est-à-dire de grains de matière insécables.  Au centre, se trouve un noyau constitués de charges positives et neutres qu’on appelle d’ailleurs « les nucléons », et autour un cortège d’électrons,  disposés sur différentes couches selon la nature de l’élément chimique dont on parle.

Le terme nucléaire, a pour étymologie « nucléus » mot latin qui signifie « noyau ». On ne s’intéresse donc ici qu’au noyau de l’atome.

Atome

Source ICI


Alors que se passe-t-il exactement ? Certains atomes dits « lourds » possèdent un noyau si dense, qu’ils sont instables. Il se produit alors des réarrangements au sein de ces noyaux de façon à s’alléger et être plus stables. L’ensemble de ces phénomènes par lesquels un noyau se réorganise de la sorte s’appelle de la désintégration radioactive. Il y a alors émission d’un rayonnement sous forme d’énergie pure (rayons gamma) ou sous forme particulaire (rayon alpha (= noyau d’hélium) – rayon béta (émission d’un électron) ainsi que dans tous les cas, la production d’une très grande quantité de chaleur.

 

Mais les réactions nucléaires peuvent aussi être provoquées : on donne un petit coup de pouce aux atomes instables pour qu’ils se désintègrent. Ainsi en percutant un atome lourd instable, avec un neutron, son noyau se brise en deux noyaux plus petits et une grande quantité de chaleur est libérée : c’est la fission nucléaire. En se brisant, l'atome libère deux ou trois neutrons qui iront à leur tour briser d'autres noyaux dans une réaction en chaîne dégageant de grandes quantités de chaleur. On comprend ainsi ce qu’est « l’emballement » d’une réaction.

 

L’autre type de réaction nucléaire appliquée (ou en en cours d’application) est la fusion nucléaire, c’est exactement ce qui se passe dans le soleil et les étoiles (à ne pas confondre avec la fusion du cœur d’un réacteur qui est un passage de l’état solide à l’état liquide (ou pâteux)). Dans le cas d’une fusion nucléaire, ce sont deux atomes légers qui s’associent : les deux noyaux s’interpénètrent pour former un noyau plus lourd (deux atomes d’hydrogène (deutérium et tritium plus exactement) qui s’assemblent pour former de l’hélium). De cette fusion, naît de grandes quantités de chaleur bien supérieures à ce que donne la fission d’où son intérêt pour l’avenir. Néanmoins, pour que la fusion se fasse, il faut vaincre la forte répulsion des noyaux légers (même charge) en se plaçant à des températures extrêmement élevées (plusieurs millions de degrés) ce qui n’est pas sans poser des défis techniques. L’énergie libérée étant cependant bien supérieure à l’énergie consommée.

 

Les réacteurs nucléaires

Pour en revenir à nos moutons, c’est-à-dire à la production d’électricité, le principe d’un réacteur nucléaire est donc de provoquer une réaction de fission à partir d’un combustible fissible : par l’exemple de l’uranium 235 (U235) ou le plutonium 240 (Pu240), des éléments très lourds (beaucoup de protons dans le noyau). Pour ce faire, le cœur du réacteur est constitué par les assemblages de ces éléments sous forme d'oxydes conditionné en petites pastilles enfermées dans des gaines métalliques : soit de l’uranium enrichi, soit plus récemment le MOX (pour Mélange d’Oxydes) un mélange à base de plutonium et d’uranium appauvri : c’est là que se produit la réaction de fission en chaîne décrite par la figure ci-dessous, elle est provoquée par l'émission continue et contrôlée de neutrons.

 

fission

Pour évacuer la chaleur issue de la réaction et servir à former la vapeur à turbiner, les assemblages contenant les éléments radioactifs sont placés dans une cuve remplie d'eau : c’est l’échangeur décrit plus haut. A ce niveau, deux technologies différentes ont été mises au point:

1e option : L'eau maintenue sous une pression élevée (150 bars environ) s'échauffe à plus de 300°C tout en circulant dans le circuit dit « primaire ». Par l'intermédiaire du générateur de vapeur, c’est-à-dire un 2e gros échangeur, indépendant du réacteur,  l’eau du circuit primaire transmet sa chaleur à un autre circuit fermé : le circuit secondaire, où de la vapeur est produite pour la turbiner. C’est la technologie REP : réacteur à eau pressurisée qui constitue la totalité du parc français.

2e option : l’eau du circuit primaire est autorisée à bouillir, car elle n’est pas mise sous pression. Mais il n’y a pas d’échange avec un second circuit : la vapeur produite est directement turbinée. C’est la technologie REB : réacteur à eau bouillonnante qu’on ne rencontre pas en France mais en Allemagne, aux Etats-Unis et au Japon.

 

centralenucleaireb

Source ICI

Questions de sécurité

La marche d'un réacteur nucléaire (contenu dans des enceintes de confinement en béton) est prévue pour être contrôlée avec précision. Pour le faire démarrer, l'arrêter, moduler sa puissance, on contrôle la réaction en chaîne au moyen de « barres » en matériaux qui ont la faculté d'absorber les neutrons. En cas de situations anormales, les barres de sécurité chutent dans le réacteur, stoppant instantanément le réacteur.

L’autre sécurité principale est constituée de circuits de refroidissement qui permettent d’évacuer la chaleur dégagée par l’inertie de la réaction (puissance résiduelle).

En cas d’emballement de la réaction, les températures deviennent vite incontrôlables, provoquant la fusion des gaines métalliques, qui sont généralement en zirconium, élément qui  peut engendrer de l’hydrogène (réaction avec la vapeur d’eau). L’hydrogène réagit de façon explosive avec l’oxygène de l’air : de la radioactivité est alors dispersée dans l’air. Au niveau du cœur, la montée en température peut conduire à la formation d’un corium de combustible : un magma qui peut percer la cuve du réacteur et polluer les sols.

L’avantage de la configuration (REP) est éventuellement un meilleur confinement de la radioactivité en cas de problème.

 

L’avenir du nucléaire

Les deux types de réacteurs décrits ci-dessus sont des réacteurs de seconde génération développés dans les années 70. Depuis, des améliorations constantes ont été apportées à différents niveaux  dont le rendement de la réaction, les matériaux utilisés pour les gaines (dont la corrosion doit être à tout prix évitée), les modes d’exploitation, le cycle du combustible, sa nature, le design pour assurer un maximum de sécurité.

 

La 3e génération est prête à être construite : il s’agit en particulier de l’EPR (European Pressurized Water Reactor) dont le premier prototype est construit en Finlande. Un autre chantier a démarré en France à Flamanville. La grande avancée sera liée à un meilleur rendement (de façon à utiliser moins de combustible et donc générer moins de déchets), une plus grande puissance (1600 MW contre 900 -1400 MW pour la génération actuelle) ce qui pourrait permettre de limiter les sites de productions (en nombre) à condition que le réseau électrique puisse supporter une telle puissance. Un nouveau dispositif de confinement équipera également cette 3e génération, avec notamment un cendrier  refroidi sous le cœur du réacteur  (qui permettrait de contenir un cœur en fusion) et davantage de circuits de sûreté (4 circuits de refroidissement indépendants).

 

Mais le bond technologique se ferait avec les réacteurs de la génération 4 qui pourraient entrer en service à l’horizon 2030-2040. En effet, plusieurs projets se font concurrence mais ils changent complètement le procédé : nouveau combustible, nouveau cycle, nouveau caloporteur (gaz, ou métal liquide) et la sûreté. De plus, il est prévu d’utiliser ces réacteurs à des fins d’utilisation diversifiée (électricité, chaleur, traitement de l’eau , production d’hydrogène).

 

Enfin, le grand rêve est la fusion nucléaire contrôlée : le projet ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor). Un prototype est en construction en France afin de vérifier la faisabilité du procédé pour la production de chaleur (avant de passer à l’étape électricité, et la création d’une centrale électrique de démonstration).  Mais de gros challenges technologiques (comme évoqué plus haut) sont à relever.

 

Quelques mots sur Fukushima

La centrale de Fukushima possède 6 réacteurs de technologie REB dont un fonctionnant avec du MOX comme combustible (donc un peu de plutonium- peu qui s’avère être déjà « beaucoup » en cas d’accident -).


Trois des réacteurs n’étaient pas en fonctionnement lors du séisme. Les 3 autres (N°1, 2 et 3) étaient en exploitation. Au moment du séisme, les consignes de sécurité se sont déclenchées et les barres de contrôle ont fait leur travail. Seulement, l’énorme vague due au Tsunami qui a suivi le séisme (deux catastrophes naturelles, liées certes mais coup sur coup, ca fait un peu trop !) a mis à mal les systèmes de refroidissement : plus moyen d’évacuer la chaleur  due à la puissance résiduelle (les atomes lourds qui continuent à se désintégrer dégagent de la chaleur). Sans refroidissement suffisant, les températures montent de plus en plus, l’eau dans le réacteur se vaporise (d’où un risque de montée en pression, et les éventages de vapeur à l’atmosphère réalisées par l’exploitant) et les gaines qui entourent le combustible fondent (autour de  1000°C). Ces gaines qui doivent être à l’épreuve de la corrosion, de l’irradiation tout en étant perméables aux neutrons (et ce dans le temps et sous haute température), sont en zirconium un élément qui rassemble ces propriétés. Malheureusement, en fondant il réagit avec la vapeur d’eau et produit de l’hydrogène. Ce dernier réagit vivement avec l’oxygène de l’air, provoquant une explosion (c’est ce qui s’est passé sur les réacteurs de la centrale de Fukushima) qui peut endommager l’enceinte de confinement, et notamment son étanchéité.

Bref, sans système de refroidissement, la température grimpe de plus en plus jusqu’à faire fondre (passage de l’état solide à l’état pâteux) le cœur dans le réacteur. Si les choses continuent, on a alors formation d’un corium (magma très chaud) qui peut percer l’enceinte métallique de la cuve du réacteur ainsi que la couche de béton qui se trouve dessous.

Le risque suprême est d’atteindre la criticité, c'est-à-dire une température telle que les réactions de fission peuvent redémarrer.

fusioncoeur

Source ICI

D’après les informations données par l’IRSN, nous n’en sommes pas là. Même si la situation est toujours critique (les cœurs des réacteurs 1, 2 et 3 ont partiellement fondu) et que la présence d’eau fortement radioactive atteste que les réacteurs ne sont plus étanches. La remise en service des systèmes de refroidissement est plutôt le signe que la situation s’améliore. De l’eau borée (propriété d’absorber les neutrons et donc de stopper la réaction) est de plus injectée. Mais il faut évacuer des lieux toute l’eau contaminée qui s’y trouve et surtout la traiter avant rejet.

Beaucoup comparent cet accident grave à celui de Tchernobyl de 1986. Il n’est pourtant pas comparable dans la mesure où les réacteurs se sont arrêtés, où il n’y a pas eu d’incendie et où il y a une enceinte de confinement (qui même si elle n’est plus étanche permet de limiter les émissions). Cela reste néanmoins une situation très critique !

e site de l'IRSN qui est très régulièrement mis à jour, e

Pour en savoir plus

http://www.irsn.fr/FR/Documents/home.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89nergie_nucl%C3%A9aire

http://fr.wikipedia.org/wiki/Atome

http://www.sciencesetavenir.fr/actualite/nature-environnement/20110312.OBS9531/crise-nucleaire-au-japon-le-fil-des-evenements.html

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11 février 2011

Retour bis : lactation 2e volet !

Après de nombreux mois d’absence (un bébé très demandeur d’où une forme physique pas au TOP) je reprends enfin ma série d’articles consacrés à l’allaitement maternel en commençant sur la composition générale (du moins ce qu’on en sait) et sur la façon dont le lait est élaboré (1er article de cette série ICI)

allaitementc

Source

Comment se fait la fabrication des éléments de base du lait humain, selon quelle recette ?

Constituants et processus de fabrication

Le lait contient des glucides c'est-à-dire des sucres, des protéines, des lipides mais aussi de l'eau, des minéraux et vitamines ainsi que (spécifiquement dans le lait de femme) des enzymes digestives et des anticorps.

L'eau et tous les éléments solubles (petites protéines, sels minéraux, vitamines hydro-solubles) sont issus du sang maternel et arrivent directement dans le lait (processus que nous ne décrirons pas ici). Il n’y a donc pas à attendre quelque processus de fabrication que ce soit, tout est prêt et arrive tout de suite en début de tétée ce qui présente l’avantage d’assurer une hydratation efficace dès les premières gouttes.

Les autres constituants vont se fabriquer en continu selon une recette bien précise (recette unique selon l’espèce) : il s’agit du lactose (le sucre donc), des protéines (la caséine du lait) et des graisses (des triglycérides principalement).

Le lactose est un disaccharide (deux molécules de glucose assemblées - dont l'une est "retournée"-) de formule C12H22O11, sachant que le glucose correspond à C6H12O6. Bien qu'il s'agisse d'un sucre, son pouvoir sucrant est assez faible.

Ci-dessous la représentation des 3 molécules (glucose, galactose(=glucose retourné) et lactose)

Lactose

Sous l'action de deux enzymes (i.e. des protéines qui déclenchent des réactions), une transformant le glucose de la mère en galactose, l'autre « branchant » les deux molécules, le lactose est produit : c’est une transformation rapide. Très hydrophile, le lactose s'entoure d'eau et des éléments qui y sont solubles, quitte la cellule où il est fabriqué et se stocke dans les alvéoles (présentées ICI). Cette transformation pas trop compliquée implique que cet élément sera prépondérant en début de tétée.

Parmi toutes les espèces de mammifères, le lait humain est l’un des plus riches en lactose, particulière utile pour le développement du tissu cérébral. Des anthropologues ont montré que les espèces les plus évoluées, sont celles qui produisent du lait à forte teneur en lactose.

La caséine, tout comme chaque protéine, est un assemblage complexe et rigoureux à partir de milliers d'acides aminés (AA), unités de base (choisis précisément selon l'espèce de mammifère parmi les 20 dont le corps dispose). La fabrication est donc plutôt compliquée : il y a ajout successif d’AA à une protéine en cours de synthèse, ce processus nécessite de nombreux enzymes pour sélectionner, aligner, rapprocher, assembler et l’ordre dans lequel  un AA est ajouté est déterminé par le code génétique de l’espèce. Pour cela, ces protéines sont spécifiques de l’espèce.
    
Les autres protéines  sont : l’alpha-lactalbumine (productrice de lactose), la lactoferrine (absorption intestinale du fer, agent anti-infectieux) et l’immunoglobuline (protéines qui favorisent la production d’anticorps).

La synthèse n’étant pas simple et immédiate : la quantité de protéines est faible en début de tétée et augmente ensuite progressivement.

La fabrication des graisses se fait à partir des acides gras présents dans le sang de la mère- de longues chaînes carbonées, hydrogénées) (je vous en avais parlé ICI) . Elle nécessite beaucoup de transformations « lourdes » afin en particulier de grouper les acides gras en trois bandes parallèles qui forment des triglycérides (entre autres). Ce sont donc de grosses molécules (encombrement stérique fort), non solubles dans l’eau qui se trouvent "emballées" dans des sacs...un peu difficiles à faire circuler, et à éjecter (les pompes que constituent les cellules myoépithéliales ont fort à faire), elles n'apparaissent donc qu'en fin de tétée. Ceci explique l’intérêt de ne pas stopper la tétée trop tôt (changement de côté par exemple) afin de ne pas priver le bébé des graisses qui font le contenu calorique principal du lait.

Ex d'acide grasacidegras

Parmi les autres graisses, citons également les lipides à liaison « trans » (cf article ICI)

Enfin, un autre élément qui accompagne les graisses du lait humain est « la lipase » : une enzyme qui casse les graisses en petites globules, facilement assimilables. Idéal pour les bébés prématurés ayant besoin d’un apport énergétique important mais qui ont un système digestif peu mature.

Parmi les autres enzymes, citons la lysozyme un bactéricide et la lactase (qui transforme le lactose en glucose et galactose)

Ainsi, on comprend mieux pourquoi la nature du lait évolue au cours d'une tétée. D'abord les petites molécules déjà présentes puis celles qui sont faciles à fabriquer et enfin les grosses molécules caloriques (le dessert de graisses de fin de tétée). Les analyses de lait prescrites par le corps médical pendant longtemps  n'affichaient donc souvent que des chiffres bien maigres attestant d'un lait pauvre... et pour cause, le lait exprimé à la « va-vite » au tire-lait n'était que du lait de début de tétée très riche en eau...de quoi désespérer bien des mamans. Quelques décennies plus tard (c’est-à-dire maintenant), sévissent encore quelques reliquats de ces analyses de l’époque mal conduites…et bon nombre de jeunes mamans (fort heureusement de moins en moins) s’entendent dire « tu es sûre que ton lait est assez riche ? »

Les différents constituants du lait dont nous venons d’évoquer le processus de fabrication sont comme nous l’avons évoqué spécifiques d’une espèce (en proportion et en qualité).  La qualité du lait (ainsi que la façon dont il est éjecté dans la bouche du « petit ») est ainsi spécialement adapté au mode de vie du mammifère afin d’assurer un maximum de chances de survie à la progéniture. Il s’en suit que les laits ne sont donc pas échangeables d'une espèce à l'autre ou du moins sans une adaptation préalable.

Quelques exemples de spécificités des laits et du lait humain

Les mamans phoques produisent du lait à forte teneur en graisse afin de constituer aux petits une forte épaisseur de graisse permettant de lutter rapidement contre le froid.

Le lait humain est lui, fort riche en éléments qui favorisent la croissance du cerveau (élément clé pour la survie de l’homme).  Peu riche en protéines, mais leur qualité est spéciale : ainsi, la « brique de base » ou acide aminé les constituant est en grande proportion « la taurine »(10 x pls concentré que dans le lait de vache) qui joue un rôle important dans la construction du cerveau et le fonctionnement des cellules cérébrales. Le lait de vache est lui beaucoup plus riche en protéines (à quantité quasi équivalente en graisses), ce qui permet au petit veau de doubler son poids de naissance en 50 j (180 j chez l’homme) et d’être autonome assez vite. Pourquoi cette différence ? parce que pour le développement optimal du cerveau du bébé humain, il est nécessaire d’avoir beaucoup d’interactions avec sa mère et son environnement : bébé ne doit donc pas grossir trop vite, afin de faciliter le portage et les soins proches.

Les graisses dans le lait humain sont particulières également en qualité, très riches en acide gras essentiel oméga 3qui ont prouvé leur rôle dans la myélinisation (enveloppe qui entoure les nerfs) et en cholestérol (bon pour le développement cérébral). La lipase qui permet une digestion rapide et facile fait qu’un bébé nourri au sein réclame plus souvent, recevant ainsi plus d’attention de sa mère ce qui favorise le développement de son cerveau.

En conclusion :

Elément idéal pour le développement du cerveau humain, car le lait est conçu pour. Chaque année, des articles scientifiques relatent de nouvelles découvertes étonnantes quant à la composition du lait humain. Avec des substances dont on ne mesure toujours pas le rôle, mais qui peuvent révéler des implications à long terme.

Un joli veau, nourri idéalement par du lait de vache SOURCE

vache

Prochain épisode de la série :

-          Comment le processus de lactation démarre après la naissance ? comment est-il régulé ? comment évolue-t-il ?

-          Quelques brèves (récentes études et principaux résultats) dont l’impact sur la santé de l’enfant et de l’adulte qu’il deviendra.

A très bientôt, j'espère !

Pour en savoir plus :

“Differential Growth Patterns Among Healthy Infants Fed Protein Hydrolysate or Cow-Milk Formulas.”
Julie A. Mennella, Alison K. Ventura, and Gary K. Beauchamp.
Pediatrics, published online 27 December 2010.
DOI:10.1542/peds.2010-1675

Livre du Dr M. Thirion : « L’allaitement, de la naissance au sevrage. »

http://fr.wikipedia.org/wiki/Lait_maternel 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Acide_amin%C3%A9 

http://www.sciencedaily.com/releases/2010/04/100419132403.htm 

http://www.sciencedaily.com/releases/2008/09/080929092213.htm 

http://www.sciencedaily.com/releases/2008/08/080811094951.htm 

http://www.enotalone.com/article/3610.html

http://www.askdrsears.com/html/2/t020200.asp (“Breastfeeding builds brighter brains”)

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27 mai 2010

Le retour : lactation 1er volet

Enfin, de retour après ces longs mois de silence...je m'en excuse mais être maman à l'écoute des besoins de son "petit" c'est une des tâches les plus difficiles que j'ai eu à réaliser...il faut tenir dans la distance et l'intensité.

Je tente de reprendre une activité normale, en particulier, écrire quelques articles sur ce blog. Les prochains seront evidemment liés à mes préoccupations des moments présents...et on commence par l'allaitement maternel suite à mes lectures intensives dont le livre du Dr M. Thirion "L'allaitement, de la naissance au sevrage" dont je vous avais parlé la dernière fois.

Le mode d'allaitement est au libre choix de la maman mais pour prendre une décision, il me semble important de se rappeler d'un certains nombres de choses.

allait

Comment ça marche ? Pourquoi çà marche ?
Un certain nombre d'idées reçues trainent encore et toujours dans les têtes des femmes. En particulier, la mise en doute de la capacité d'une mère à allaiter et nourrir son enfant. Il n'y a pourtant AUCUN problème  (ou si rarement), l'espèce humaine est de la famille des mammifères comme les autres. ON ne se pose jamais la question pour les vaches : elles produisent du lait idéalement adapté pour le petit veau. Pour les femmes, cela est exactement pareil : elles sont toutes capables de produire du lait en quantité suffisante idéalement adapté pour le petit d'homme". Chaque espèce produit son lait bien spécifique à son espèce.
Ainsi pour la mère, il n"y a pas de mauvais sein, mauvaise forme de mamelon, ni incapacité à produire (sauf pathologie particulière...tout de même rare), ni d'incapacité à produire du bon lait : tout comme les autres organes du corps qui sous l'influence d'hormones fournisent des molécules agissant sur le fonctionnement de notre organisme, le sein est un organe conçu pour produire et pour produire "du bon". Il suffit de se rappeler le mode d'emploi et pour cela un soutien, une aide, des encouragements sont nécessaires pour bien démarrer.

Alors comment çà marche ? comme dans une usine (aime à le rappeler le Dr Thirion), il y a les unités de fabrication, les pompes pour faire jaillir, un réseau de capillaires pour l'arrivée des hormones et des silos de stockage de réserves...

Les unités de fabrication, ce sont des petites glandes qui existent dès la puberté mais qui se développent en début de la grossesse sous l'effet des hormones de grossesse : c'est pour cela qu'on assiste à une augmentation du volume mammaire dès la nidation de l'embryon. Ces petites glandes s'organisent en alvéoles qui débouchent vers un canal qui amène le lait vers l'extérieur. Le lait n'est pas stocké (ou très très peu), il est fabriqué puis éjecté sinon la production s'arrête.

Le lait fabriqué est extrait grâce à des mini-pompes : ce sont des cellules contractiles ressemblant à des petites pieuvres qui entourent la glande productrice. Sous l'effet de l'hormone ocytocine, les bras de la pieuvre se resserrent sur la glande et le lait produit est expulsé via les canaux lactifères vers l'extérieur (c'est-à-dire la bouche de bébé). On nomme ces mini-pompes, les cellules myoépithéliales. L'ocytocine est secrétée par le cerveau maternel (l'hypophyse) lorsque le bébé stimule le sein de sa mère en commençant à téter.

Le réseau de capillaires s'est développé pendant la grossesse autour des alvéoles ; il va se trouver submergé par un débit sanguin très important quelques jours après la naissance : c'est la fameuse montée de lait qui est un peu douloureuse. Ce réseau de capillaires sert à amener sur le lieu de fabrication les deux hormones permettant le démarrage de la lactation (ocytocine et prolactine, décrits ci-dessous)

Le silo de réserves permet de stocker les graisses indispensables pour la fabrication du lait.

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Source : ICI

Côté bébé
Lorsque Bébé tète il stimule l'aréole du sein de sa mère. Il repère l'endroit à l'oeil (l'aréole  est plus foncée que le reste du sein) mais aussi grâce à l'odorat car de petites glandes sébacées secrètent une odeur (l'odeur de la mère) permettant de guider la bouche de bébé mais aussi de le calmer et de le stimuler.

Sous l'aréaole, les récepteurs sensitifs des mouvements de succion du bébé repèrent le signal de la tétée et font remonter l'information vers le cerveau de la mère dans un zone profonde : la zone de réaction inconsciente et involontaire. L'hypothalamus va autoriser l'hypothyse à libérer les deux hormones de la lactation :
- la prolactine, qui active la fabrication du lait au niveau des cellules glandulaires,
- l'ocytocine qui va démarrer la pompe d'éjection

La sécrétion de prolactine monte progressivement et reste longtemps, et l'ocytocine agit plus rapide mais de façon brève.

Rendez-vous très bientôt pour la suite du récit, il y a encore tant à dire !
Comment se fait la fabrication du lait à partir des éléments essentiels, selon quelle recette ? comment le processus démarre-t-il après la naissance ? pourquoi le lait est-il si bien adapté ? comment se fait la régulation ? Comment l'enfant tète-t-il ? l'action bénéfique sur la mère et sur le bébé ? les difficultés ? les doutes de la mère ...

Pour en savoir plus :
http://nanimoland.blogspot.com/2008/03/lhormone-de-la-maternit.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Allaitement
http://www.info-allaitement.org/physiologie.html
http://allaiter.free.fr/presse/physionomie.html

Posté par pascale72 à 11:43 - Autour du petit "d'homme" - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 février 2010

des nouvelles

Bonjour à tous,

Non, je n'ai pas abandonné ce blog qui me tient toujours à coeur... je lis énormément de choses dans tous les domaines, une multitude de sujets pour écrire donc mais le temps passe et j'avoue que ma préoccupation majeure actuelle est de mener à bien ma grossesse : pour ne pas passer à côté de ces moments merveilleux dans la vie d'une femme, pour être en forme (ce qui n'est pas chose facile !) et également pour accueillir ce bébé dans les meilleures conditions, physiques d'une part mais aussi intellectuelles en creusant un peu scientifiquement certains sujets (accouchement, péridurale, allaitement, maternage,  portage, concept bio...)
Je suis depuis peu en congé maternité et j'ose espérer trouver enfin un peu de temps pour rédiger quelques articles et vous faire partager mes récentes lectures, découvertes et interrogations.

Je suis actuellement en pleine phase de maturation sur ce qui va changer par rapport à mes deux précédentes expériences de la grossesse et de la naissance ... j'avoue que j'avais quelques connaissances "hasardeuses" ce qui m'a valu quelques décisions regrettées par la suite.

Alors j'inaugure aujourd'hui, une nouvelle catégorie de ce blog qui s'intitule, "Bibliographie" où je présenterai quelques ouvrages qui me tiennent compagnie. Voici donc ceux qui m'occupent depuis quelques temps et dont je vous parlerai plus largement dans de prochains articles.

Le premier ouvrage, du Dr Marie Thirion, L'allaitement, De la naissance au sevrage

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Très riche en informations techniques : les deux hormones qui déclenchent la montée et l'éjection de lait, comment et quand cela se produit, les bienfaits de l'allaitement pour l'enfant et la mère, les idées reçues, la composition du lait maternel, la technique et le plaisir de la tétée, etc...

Le second ouvrage est de Pascal Picq, paléoanthropologue au Collège de France, "Darwin et l'évolution expliqués à nos petits-enfants"

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J'ai beaucoup apprécié...j'avoue que nous quittons l'année Darwin et malgré tout, je n'étais pas très au fait de la théorie de l'évolution...juste quelques bribes, des idées reçues aussi...Cet ouvrage de vulgarisation est très agréable à lire...On ne se rend pas vraiment compte pourquoi cette théorie est si importante à comprendre : cela est nécessaire pour mieux appréhender les enjeux pour les générations futures. On parle bien sûr dans cet ouvrage de l'apport de la génétique, du néo-darwinisme, de la théorie de l'évo-dévo etc...
J'en reparlerai!

Le 3e ouvrage est de Hervé This, chimiste, auteur de nombreux livres sur la gastronomie moléculaire. Il s'agit du "COurs de gastronomie moléculaire N°1" sorti en octobre 2009.

livregastromolecul

J'avoue avoir eu beaucoup plus de mal à rentrer dans le livre, car je m'attendais plus au style des "Secrets de la Casserole" dont on a déjà parlé. COmme son nom l'indique, il s'agit d'un cours et de bonnes connaissances de physico-chimie sont nécessaires.
Mais on apprend par ex. comment créer un bon caramel, comprendre les réactions qui modulent le goût ou encore comment obtenir les colorants, les méthodes classiques et les nouvelles.

Enfin dans un tout autre registre! je lis aussi, les ouvrages de mes enfants...mon grand a, semble-t-il, hérité de la curiosité scientifique de ses parents...Alors pour satisfaire cela, voici ce que je lui ai récemment acheté (emballé par des ateliers "petits débrouillards" découverts l'été dernier)

livredecouveau

Excellent, pour apprendre, découvrir, se poser des questions...sur les transformations de l'eau, la météo (c'est quoi le brouillard, l'orage, la neige, la grêle...), l'eau sur la terre et les relations avec le faune et la flore, l'apparition de la vie...

Ces 4 ouvrages, malgré leur sujet central apparemment différent, amènent néanmoins à suivre un certain fil directeur... j'y ai vu pas mal d'idées qui se recoupent de l'un à l'autre. Dans les 4 on y parle de vie et de son évolution, de l'intéraction de l'homme avec son environnement.

A très bientôt pour quelques extraits commentés de ces différents ouvrages.

Posté par pascale72 à 21:46 - Bibliographie - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 décembre 2009

Grippe A/ H1N1 : quelques lueurs dans le flou

Bonjour

Petit interlude perso :  blog  un peu silencieux ces derniers temps...pour différentes raisons d'ailleurs, mais je ne suis pas restée inactive pour autant dans mes différentes lectures et quêtes sur l'actualité scientifique et technique.
Alors l'une des raisons de mon silence est certes lié à mon manque de disponibilité, mais aussi à mon état de grossesse qui me prive d'une bonne partie de mon énergie depuis 5 mois.
Ce nouvel état a tout naturellement provoqué chez moi de nombreuses interrogations autour de deux sujets principaux : le premier concerne "l'allaitement maternel" et sera l'objet d'un prochain article.

Dans un second temps, je suis un peu perdue face à la somme d'informations délivrées (vérité, manipulation ?) sur la pandémie (si "pandémie" il y a) : la propagande médiatique est telle qu'il me semble difficile d'y voir réellement clair alors que nous avons tellement besoin d'avoir du recul. Je suis parvenue à me faire une petite idée, quant à la décision que je devais prendre concernant la vaccination à la fois pour mes enfants et pour moi-même. Alors je ne vous propose pas de grandes explications scientifiques (que je serais bien incapable de donner) mais juste un résumé de mes notes sur des éléments sûrs et vérifiables. Tous ces éléments sont essentiellement issus du site du Dr Marc Girard, que je remercie pour sa grande clarté, sa méthodologie, les premières lueurs claires dans ce flou médiatique. Je livre donc ici quelques points qui me semblent important d'être soulignés.

Tout d'abord, comment apprécier les informations dont on nous abreuve ? Méthodologie présentée par le Dr Girard et qui devrait s'appliquer à n'importe quel domaine.
- ne parler que de ce qu'on ne connaît pas (recherche documentaire oblige s'il ne s'agit pas de son domaine de prédilection)
- ne pas affirmer sans citer ses sources (afin que tous puissent vérifier)
- se baser sur des faits et non sur des interprétations (proscrire les arguments reposant sur les "on m'a dit que " et "je pense que")
- ne pas se laisser intimider ou impressionner quelque soit l'interlocuteur.

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Source

La grippe A/H1N1 est-elle dangereuse ?
Elle semble être très contagieuse mais point si dangereuse qu'on veut bien nous le laisser croire.
Des chiffres pour étayer ce propos :
La grippe "classique" en France fait entre 4000 et 6000 morts par an. A ce jour, le bilan est à environ 80 décès pour la grippe A/H1N1.
Dans le monde, la grippe saisonnaire fait entre 300 000 et 500 000 victimes. A ce jour, le bilan est à environ 10000 décès pour la grippe A/H1N1.

On dispose également des retours d'expériences de l'hémisphère SUd sorti de la grippe (Argentine, Chili) : la morbi-mortalité grippale a été bien moins marquée que celle des années précédentes. Les chiffres pour l'Argentine, sont de 440 décès pour 812000 cas. La grippe saisonnaière causant entre 2000 et 4000 décès (source)

En ce qui concerne le profil de sévérité, il semble être différent de ce qui avait été attendu et déclaré par les médias : les Etats-Unis découvrent que la grippe ne tue pas plus les enfants que les personnes plus âgées.

Le comptage des cas
Il semble que le comptage soit une chose très difficile car comment diagnostiquer cette grippe, surtout lorsqu'elle passe inaperçu. D'autant plus qu'en France, on a fixé comme seuil justifiant de contacter son médecin traitant à "fièvre supérieure à 38 °C". Les tests de dépistage de la grippe étant fort couteux, ils ne sont réalisés que chez un faible pourcentage et pourtant, le cas est compté comme tel. Dans ces conditions, les chiffres montent vite.

Attitude du gouvernement et des autorités sanitaires
- on nous pousse à la vaccination, c'est un fait indéniable. Oui, mais les vaccins ont été achetés "en masse" avant même qu'ils n'aient été jugés conformes à la réglementation (NDLR : il faut donc bien les écouler)
- Les pouvoirs publics ont des liens significatifs avec des firmes pharmaceutiques et les liens d'intérêt des experts de la santé ne sont pas toujours clairement exposés (alors que la loi les y oblige).
- Je note que la Pologne refuse le vaccin "en masse" contre la grippe A, refusant que la population ne serve de cobayes; ce pays n'a en outre, pas d'intérêt économique majeur dans l'industrie pharmaceutique.
- pour justifier de l'extrême rapidité des tests d'évaluation, les autorités évoquent leurs nombreuses années d'expérience au sujet des vaccins anti-grippaux bien connus... NDLR : "Oui mais dans ce précis de la grippe A/H1N1, on nous affirme au contraire que le virus est tout à fait nouveau, ce qui devrait donc au contraire nécessiter un développement très long techniquement et reglementairement, avec une AMM qui prend des années"

Note sur le Tamiflu
Certaines expériences laissent penser que ce médicament pourrait aggraver les complications respiratoires du virus. C'est au Japon, gros consommateur de ce produit lors de la grippe saisonnière, que le plus grand nombre de décès ont été rapportés (Source)

Les laboratoires
Les vaccins font l'objet d'enjeux lucratifs faramineux. Le DG de Sanofi-Aventis reconnaît lui-même que la vente du vaccin est une "opportunité significative" en termes de revenus.

Le vaccin
A qui s'adresse-t-il ?
En priorité aux enfants et aux femmes enceintes, qui sont censées être les plus sensibles aux virus. Oui mais c'est justement sur ces catégories-là qu'on a le moins de recul par rapport au vaccin. Généralement, on introduit la vaccination chez les enfants et femmes enceintes, dès que le vaccin a été suffisamment testé chez les sujets "standards". L'Agence Européenne du médicament (responsable de l'AMM) reconnaît que l'action du vaccin sur les femmes enceintes n'est pas connue...

Ce qu'on ne nous a pas dit forcément de façon très évidente non plus : le vaccin est déconseillé aux patients ayant présenté une réaction allergique sévère aux oeufs, protéines de poulet, ovalbumine et quelques autres composés (à lire dans le document EMEA)

Autre chose à savoir : pour des considérations de conservation, dans les circonstances d'un vaccin fabriqué dans l'urgence, les laboratoires ont ajouté un conservateur à base de mercure. (source)

Quid des adjuvants ?
L'adjuvant est un produit ajouté au vaccin qui permet une meilleure réponse de l'immunité et donc une meilleure efficacité du vaccin. Oui mais si l'immunité est meilleure, les réactions auto-immunes aussi, réactions pouvant être dangereuses notamment pour les femmes enceintes et les enfants.
Ceci dit, même sans adjuvant, le vaccin reste inconnu (en terme d'efficacité et d'effets secondaires) surtout chez la femme enceinte et l'enfant.

POur les autres, il faut savoir que l'adjuvant est à base de squalène (produit issu de l'huile de foie de requin). Or "jusqu’ici, le squalène n’a été utilisé chez l’Homme que de manière limitée" (source). Aux Etats-Unis, le squalène est interdit.

Le rapport bénéfices/risques
Ce rapport est à évaluer au cas par cas selon l'état de santé de chaque patient, son âge, ses antécédents... Classique, je dirais.
L'agence européenne du médicament (EMEA), responsable de la mise sur le marché, a admis que les données d'efficacité et de tolérance pour les vaccins n"étaient pas complètes et qu'ils n'avaient pas été developpés et autorisés dans des conditions absolument standard mais plutôt exceptionnelle (voir lien ci-dessous)

L'action du vaccin sur les femmes enceintes et sur les enfants n'est pas connue (voir document EMEA)

Efficacité du vaccin : il est de 25 à 60 % selon les sources. Il plane donc une belle incertitude sur son bénéfice. De plus, la vaccination de masse risque d'induire des mutations du virus...auquel cas, l'efficacité du vaccin développé risque d'être nulle.
Risques : Sur ce point encore, de nombreux points d'interrogations. Durant les quelques mois d'essais, le chiffre de 7 décès sur 2000 vaccinés ressort. Selon le Dr Girard, c'est du jamais vu pour lui en 30 ans de recherche clinique pour un produit à visée préventive.
Sur 400 enfants vaccinés (toujours dans la période de tests), 2 ont développé des maladies auto-immunes (réactions selon lesquelles les anti-corps s'attaquent aux propres tissus du sujet).

En conclusion : sur la base des données disponibles, le risque inhérent à la vaccination est nettement plus élevé que le risque naturel d'une grippe porcine.

Les personnes vaccinées souhaitant rester protégées chaque année, seront obligées de refaire le vaccin.

Mode de vaccination :
- La vaccination dans les conditions de la médecine scolaire (a fortiori celles des centres de vaccination organisés à la "va-vite" ne permettent pas d'inididualiser le geste vaccinal). Propos B. Kouchner.

- Des étudiants infirmiers sont réquisitionnés pour la campagne de vaccination. Ils encourent des représailles disciplinaires voire pénales s'ils s'y refusent !

Je ne suis pas anti-vaccinaliste, loin s'en faut, mais force est de constater qu'on note dans ces arguments-là beaucoup plus de bien-fondé, d'arguments étayés et vérifiables, de méthodologie, d'absence de contradictions que dans le camp adverse ! Alors maintenant, à chacun de suivre sa propre conviction.

http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2009/09/07/grippe-a-h1n1-pandemique-et-vaccin-adjuvante-au-squalene-une1.html

http://www.rolandsimion.org/

http://docteurdu16.blogspot.com/2009/12/ce-soir-jai-eu-honte.html

http://grippe-a-h1n1.over-blog.com/categorie-10908780.html

Le rapport de l'Agence Européeene EMEA (pour l'AMM)
http://www.emea.europa.eu/humandocs/PDFs/EPAR/pandemrix/H-832-fr1.pdf

http://terresacree.org/grippeporcine.html

http://www.medicalorama.com/html/fiche/vaccin-adjuvants

Posté par pascale72 à 11:30 - Santé - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 octobre 2009

Le syndrome Titanic

Mue par l’intérêt que je porte aux questions environnementales, je suis allée visionner le documentaire de Nicolas Hulot et Jean-Albert Lièvre « Le syndrome Titanic », sorti en salle le 7 octobre dernier.

affichesyndrometitanic

Ma première impression est qu’il s’agit d’un film déroutant très noir, qui ne manque pas de provoquer un sentiment de malaise chez le spectateur, sentiment que je suppose voulu par les réalisateurs.

De quoi s’agit-il exactement ? Durant toute la durée du documentaire, des images flashs de quelques secondes, un tour du monde de situations inconcevables, noires, sur une musique un peu triste et la voix monocorde et désabusée de Nicolas Hulot ;

Ce qui marque les esprits de cette multitude d’images :

§  l’alternance des lumières et de la noirceur (les lumières surabondantes des paysages urbains, des trafics de voiture sur des serpentins de routes qui s’entrecroisent à l’infini avec un fourmillement de voitures (idem dans le ciel), la noirceur des bidonvilles et du quotidien de ceux qui ne vivent que des maigres ressources naturelles que les autres veulent bien leur laisser.

§  le rythme aussi de cet enchaînement d’images : dans les villes des pays riches, tout va très vite, s’accélère, s’enchaîne : les nuits illuminées, les gratte-ciels, la bombe atomique, les guerres…la vie des pays riches bourdonne à 100 à l’heure !

§  la surconsommation des pays riches et leurs conséquences : tout est à outrance, , les réseaux de télécommunications, la productivité à n’importe quel prix pour les industriels, les achats à outrance dans les centres commerciaux, le tourisme, la pub qui nous manipule. En face de ces images : les déchets d’une part (les déchets de tout : des parcs entiers d’avions, des ordinateurs qui s’entassent, les détritus) et le grand dénuement des autres (images de bidonvilles), ceux qui de l’autre coté de la planète n’ont même pas l’essentiel, qui vivent dans le plus grand dénuement, les uns sur les autres, et l’exemple de la vieille dame qui vit et dort dans sa voiture !

§  la surexploitation de notre planète, conséquence directe du mode de vie des plus riches, de la surconsommation, du gaspillage avec encore une fois des images et des mots bouleversants :

§  Les gros engins pour l’exploitation et le transport des matières premières, puisées au plus profond de la terre, toujours plus loin.

§  Les pylônes électriques, les puits de pétrole, les mines…

§  Les paquebots venues des deux parties du monde et qui se croisent, en transportant la même chose et en polluant

§  Les phrases choc de N. Hulot (NH « On ne consomme pas, on consume », « La nature succombe, elle est en charpie » « J’ai vu la planète se rétrécir sous mes yeux, je suis passé de la conviction insouciante de vivre dans un monde infini et immuable à la conscience d’un monde fini et vulnérable » «  J’ai peur pour mes enfants et pour tous les enfants du monde »

§  La conséquence de l’épuisement de la planète et de cette politique de surconsommation est la pollution qui engendre le réchauffement climatique…dont les plus démunis vont souffrir en premier, mais les autres aussi, plus tard !
La solution ? seule lueur d’espoir mais un espoir tout de même : le Soleil et l’énergie colossale qu’il dégage. NH « : mieux utiliser l’énergie du soleil qui en 2 minutes, offre plus d’énergie qu’on en utilise chaque année sur terre »

Ce documentaire malgré tout, distille quelques belles images…pas vraiment au sens « esthétique » de la chose (quoique la terre, notre « planète bleue » vue de l’espace est assez séduisante), mais dans le sens qu’il donne conscience du miracle qu’est la Vie. Car il faut un sacré concours de circonstances dans l’Univers pour qu’une planète rassemble les circonstances nécessaires et suffisantes pour que la Vie s’y développe. Sur Terre, c’est arrivé un jour, et depuis la Vie n’a cessé de se complexifier et de se diversifier… Là on nous montre des images évoquant l’infini de l’espace où nulle part encore, on n’a découvert trace de vie. Nous possédons un bien précieux (images de fœtus en cours de développement), un miracle et on n’en a pas conscience. NH « La vie ne tient qu’à un fil et on n’a de cesse de jouer avec un rasoir »

Ce n’est qu’à la fin du film qu’est évoqué clairement le nom du Titanic. Pourquoi le syndrome Titanic ? car on se dirige tout droit vers un iceberg, parce qu’il ne suffit pas de ralentir la cadence, c’est un changement radical dans nos habitudes, un virage à 90° si on veut éviter l’obstacle. Mais d’autres analogies avec l’aventure du paquebot :
- lors de la mise à l’eau du Titanic, un petit nombre avaient évoqué leurs doutes quant à l’insubmersibilité…ils n’avaient pas été écoutés !
- lorsque l’énorme iceberg a été vu par l’équipage, la prise du conscience du problème s’est opérée : il était déjà trop tard !   
- lorsque la catastrophe a commencé et que le bateau a pris l’eau, on a demandé à l’orchestre de jouer plus fort…

Alors j’ai lu quelques critiques sur ce film. Et quelques uns reprochent une vision un peu trop sombre, fermée sans lueur d’espoir, culpabilisante…donc à quoi bon faire des efforts s’il n’y a plus rien à faire ?
En fait, je ne crois pas qu’on cherche à nous faire culpabiliser …C’est plutôt la critique de notre modèle économique , social, politique…tout est lié …A l’échelle de chaque individu, on est parfois, souvent, coincé dans les convenances, les habitudes, les systèmes…
Il est vrai que le film est dense, dense en images, un peu rapides…on aurait aimé s’appesantir un peu plus longtemps sur certaines situations, pour mieux comprendre les enjeux, les détails…

J’ai pu constater également une certaine lassitude du public, des problèmes écologiques…on en parle trop, les gens se sentent agressés…certains médias ou personnes en parlent certainement par mode, pour faire comme tout le monde et parce que cela fait bien !
Néanmoins, je pense qu’il faut croire tous ces scientifiques et experts qui ont réalisés moult études sur le sujet…ils savent de quoi ils parlent. Pas nous…
Je rappellerai aussi l’exemple cité dans le livre « Home » de Yann Arthus-Bertrand…L’histoire de l’île de Pâques de l’Océan Pacifique. La civilisation a disparu brusquement …Selon un expert américain, J. Diamond, cette disparition est liée au fait que les habitants auraient coupé tous les arbres de l’île se privant ainsi d'une ressource naturelle non renouvelable entraînant l’érosion des terres, l’impossibilité de construire des bateaux
et enfin une dernière citation de Nicolas Hulot «
Nous assistons à une forme de déni, car l’évidence nous gêne »

En conclusion, je conseille d’aller voir le film car il faut prendre conscience …et ne pas laisser voir venir, les yeux grands ouverts mais aveugles.

Titanic
Source ICI

Quelques liens :

http://www.lesyndromedutitanic.com/

http://www.passerelleco.info/article.php?id_article=300

http://www.manicore.com/documentation/aeroport.html

Posté par pascale72 à 10:28 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]